• La pédophilie

     

     La pédophilie

      


     

    Je me suis longtemps demandé si je devais raconter mon histoire ou mettre seulement mon poème. Ecrire a été bienfaisant pour moi, mettre sur papier ma peur, ma tristesse, ma douleur a été une thérapie pour moi.  Je l'ai fait aussi pour dénoncer les pédophiles qui rôdent autour de nous comme des chacals, sans que nous nous en doutions. C’est tellement difficile de se raconter, si j'avais été plus âgée, sûrement que je l'aurais dénoncé et il n'aurait pas fait d'autres victimes mais est-ce qu'on m'aurait cru ? Quand on est jeune et que cette personne fait partie de notre famille, on n'ose pas en parler de peur de faire de la peine. Mais, si je peux aider quelqu'un à dénoncer et ainsi vaincre son mal de vivre, alors je n'aurai pas raconté mon histoire pour rien

     

    Alors, voilà...

    Du plus loin que je me souvienne, ma grand-mère maternelle était toujours malade, elle faisait de l'embonpoint et du diabète. Donc, l'été de mes 11 ans, maman m'a demandé d'aller demeurer avec elle pour ne pas la laisser seule car mon grand-père travaillait. J'avais de jolies robes provenant sans doute de cousines plus âgées et qui m'allaient très bien, j'avais vraiment l'air d'une jeune fille.  Ma grand-mère faisait un jardin et quand elle se sentait un peu mieux elle y travaillait. J'étais donc avec elle quand elle m'a dit de faire attention à un jeune cousin de 15 ans qui se trouvait lui aussi à leur maison, il y avait aussi un de mes oncles mais ce n'était pas eux qui était dangereux...

     

    La maison qu'ils habitaient était bâtie en planches noires (je ne sais pas quelle sorte de bois), il y avait deux chambres au rez-de-chaussée, une pour mes grands-parents et l'autre pour mon oncle. Donc, le premier soir, ils ont décidé de me faire coucher en haut dans un genre de grenier où dans ma mémoire, tout était noir aussi. Et c'est cette nuit-là que c'est arrivé, le monstre est venu fermer la fenêtre à cause de l'orage et de la pluie et je me suis réveillée. Je le vois debout près de mon lit qui s'approche de moi, il me demande quelque chose et c'est là que tout a basculé. Je ne me souviens de rien, c'est un blackout total comme si je dormais et quand j'ai ouvert les yeux, il riait, il n'avait pas de dents sauf deux crocs sur les côtés, on aurait dit le démon, et je tremblais de tous mes membres.

     

    Le lendemain, j'ai demandé à ma grand-mère de coucher devant sa chambre qui n'avait pas de porte, par terre, sans matelas ni rien, juste des couvertures car j'avais trop peur de coucher au 2e. Mais, vu qu'il se levait à 4h du matin, il a trouvé le tour de venir passer sa main sur mes jambes. Dans la journée, je suivais ma grand-mère partout où elle allait, je ne restais jamais seule, par contre, je ne me souviens plus où je couchais.

     

    Mes grands-parents déménageaient souvent, je ne sais pas pourquoi, et ils sont venus demeurés à environ un 0.3 km je crois de notre maison. Et je devais aller "garder" ma grand-mère encore, le soir quand celle-ci était endormie, il venait dans ma chambre (pas de porte encore) juste à côté de la sienne mais je ne dormais pas tellement alors je sautais de l'autre côté du lit et lui disais que j'allais le dire à ma grand-mère. Alors, il me répondait "qu'il ne m'aimerait plus jamais" mais je lui disais "Ca ne me fait rien".

     

    Ailleurs, je mettais une chaise en-dessous de la poignée de ma porte (heureusement, il y en avait une) et je réussissais à dormir un peu mais j'étais toujours sur le qui-vive. Un hiver, l'eau a gelé dans notre maison et nous avons dû aller demeurer chez mes grands-parents. Il n'y avait que deux chambres là aussi, un lit pour mes parents et un lit pour nous, les trois petites soeurs. Maman voulait absolument que j'aille coucher dans le salon car on était trois de travers sur le lit. Je pleurais et je lui disais "non maman" et elle me demandait pourquoi, je lui répondais que je lui dirais le lendemain.

     

    Elle insistait et je pleurais de plus belle et finalement, mon père a dit "laisse-là coucher ici". J'avais gagné pour ce soir-là mais les autres soirs, je n'ai pas eu le choix d'aller coucher sur le petit fauteuil qui était près de la porte de la cuisine et il passait très tôt le matin et moi, j'étais là avec mon désarroi et ma peur sans cesse grandissante.

     

    Et puis, je me suis mariée et j'ai eu deux petits garçons et quand à Noël, j'allais chez mes parents ou ailleurs et qu'il était là, j'aurais pu voler pour enlever mon petit assis sur ses genoux. Quand ma grand-mère est décédée, j'avais 15 ans et j'ai eu beaucoup de peine, mais lui il s'est remarié trois fois et au décès de sa deuxième épouse, il est venu vivre chez mes parents, je travaillais alors et je demeurais dans un petit bachelor. Alors, les fins de semaine, je me trouvais toutes sortes d'excuses pour ne pas aller voir mes parents mais je m'ennuyais tellement.

     

    Quand mes parents furent décédés, mon frère a partagé les photos entre nous, les 6 enfants. Vu que ma grand-mère était ma marraine, j'ai eu une photo laminée de ma grand-mère et lui, alors j'ai embrassé ma grand-mère, je lui ai demandé pardon et j'ai jeté le laminé aux vidanges. J'ai aussi trouvé une photo dans un livre de recettes de maman, où ils étaient photographiés en famille. Je l'ai découpé, j'ai mis le feu à la photo, je l'ai regardé brûler et je l'ai jeté dans la toilette, je l'ai ainsi "flusher" pour la vie.


    J'ai pu faire une vie normale mais je faisais beaucoup d'insomnie car mon mari travaillait le soir dans une auberge et donc la nuit aussi, il revenait vers 3h du matin. A 30 ans, lorsque j'ai eu mon deuxième enfant, j'ai commencé à faire des crises d'angoisse, j'avais la gorge serrée et j'étais si mal dans ma peau. J'ai dû rencontrer une psychologue et divers autres intervenantes quand  je vivais des épisodes douloureux. Je n'ai jamais bu ni pris de drogues mais c'est certain que je garde des séquelles, on n'en sort pas indemne et je me compte chanceuse dans le fond comparée à d'autres.

     

    Mon histoire

     

     

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     J'ai 11 ans et déjà, pour moi, c'est la nuit et je n'existe plus

    Il n'y a personne pour m'enlever à ce démon crochu

    Les éclairs allument le feu sur ses mains tordues

    Dehors, l'orage gronde, papa-maman, je meurs !

    Serrez votre petite sur votre coeur

    Mais vous êtes si loin et j'ai peur

    Ma tête éclate, je n'entends plus et ne vois plus

    Ma vie est-elle déjà finie ?

    === Finie, finie, finie ===

     

    Et soudain, je me réveille

    Et je vois cette bouche hideuse dans un rictus jauni

    Qui est-il et que m'a fait cet inconnu

    Je n'ai plus de force, je suis perdue

    Il me dit "Silence car grand-mère mourra"

    Je ne peux pas crier car c'est moi qui la tuera

    J'ai si froid, va-t-en, que le diable t'emporte dans son enfer.

    === Enfer, enfer, enfer ===

     

    Je détourne la tête et ferme les yeux

    Je veux oublier ce calvaire

    Qui monte en moi, m'anéantit et me détruit

    Quand on est jeune, c'est long

    Quand la porte s'est refermée sur la vie

    De longues années, il me poursuit

    Mais ses sales mains ne me toucheront plus

    Il a volé ma vie d'enfant mais de ma vie de femme

    Il sera à jamais exclus.

    === Jamais, jamais, jamais ===

     

    M'entends-tu  grand-père m'entends-tu ?

     

    J'ai 11 ans...

     

     

    PROTÉGEONS NOS ENFANTS

     

    J'ai 11 ans...

    J'ai 11 ans...

    J'ai 11 ans...

    J'ai 11 ans...

    J'ai 11 ans...

    J'ai 11 ans...

     

     

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    L'enfer des jeunes victimes !

     

    Une étoile filante, une larme brillante

    Que la nuit soit clémente à l'enfance innocente.

     

    Mon histoire


    Par Julie Pelletier, sexologue

     

    Réactions, commentaires, dénonciations, frissons d’effroi... les prédateurs sexuels sont là.

    Individu d’apparence «normale» voire sympathique aux yeux de son entourage,

    le pédophile ne court pas les rues, mais il existe. Que faire pour protéger les enfants?

     

    L'enfer des jeunes victimes !

     

    COMMENT EN PARLER ?

     

    Naturellement, il est difficile de parler d’une situation qui possède une charge émotive

    aussi intense que celle d’une agression sexuelle. Mais il est important, voire crucial,

    de pouvoir ouvrir la discussion et de briser le silence.

    Car sans cette communication, tout se passe en vase clos et les drames,

    non ­seulement se poursuivent, mais se multiplient.

     

    L'enfer des jeunes victimes !

     

    Nathalie, une femme de 32 ans, victime d’agression alors qu’elle avait 12 ans, nous confie:

    «Je ne savais pas quoi faire de ça. Mon voisin, qui était l’ami de mes parents,

    venait de divorcer et passait beaucoup de temps chez nous.

    Il se proposait pour me garder l’été quand mes parents travaillaient.

    Un jour, sur le bord de la piscine, il était en érection et m’a demandé de le ­masturber.

    Il m’a dit qu’il se sentait bien seul depuis sa séparation et que je lui ferais un gros cadeau en faisant ça.

    Évidemment, il m’a dit de ne pas en parler à mes parents, que ce devait être notre secret à nous,

    car j’étais vraiment spéciale pour lui. Je l’ai cru.

    Je me cherchais, je n’avais pas confiance en moi et je me trouvais laide.

    Lui, il me disait que je lui faisais du bien et que j’étais belle.

    Ce n’est que des années plus tard que j’ai compris que ce qu’il m’avait fait n’était pas de ma faute.

    Je me souviens en avoir parlé à une tante à l’époque

    et elle m’avait dit que c’était parce que je l’avais “agoussé” (agacé),

    qu’un homme, c’est pas fait en bois donc c’était normal qu’il fasse ça.

    J’en pleure encore, surtout depuis que j’ai une petite fille à moi.»

     

    L'enfer des jeunes victimes !

     

    Il est important d’en parler, d’aborder le sujet puisque les agressions sexuelles

    portent ­atteinte à la personne dans son ensemble.

    Son intégrité physique, psychologique ainsi que sa sécurité personnelle sont compromises

    – souvent pour bien longtemps-.

     

    L'enfer des jeunes victimes !

     

    QUE FAIRE ?

     

    D’abord, aucun profil spécifique ne nous permet d’identifier avec certitude

    celui qui assujettit ses victimes à ses désirs sexuels en abusant de son pouvoir,

    que ce soit par l’utilisation de la contrainte ou de la menace.

    Il faut aussi savoir que le risque 0 n’existe pas.

    ­Naturellement, il ne s’agit pas de sombrer dans la «paranoïa»

    en évitant toute situation quotidienne potentiellement à risque

    ou en devenant des parents hyper protecteurs.

    Ce qui compte, c’est d’être vigilants, à l’écoute, d’éduquer pour prévenir et d’outiller pour réagir.

    Les parents sont les mieux placés pour mettre en place une éducation en ce sens.

    Il existe quelques notions importantes à ­inculquer,

    dès le jeune âge – en fait le parent peut en parler dès l’instant où il est question de propreté pour l’enfant,

    que l’on parle de son corps et qu’il commence à avoir une vie sociale.

    Il faut ­toutefois adapter son langage en fonction de l’âge de l’enfant

    et faire évoluer celui-ci au fur et à mesure que l’enfant grandit.

     

    L'enfer des jeunes victimes !

     

    QUATRE CHOSES A APPRENDRE À VOTRE ENFANT

     

    Lui apprendre que son corps lui appartient.

    Lui préciser que personne n’a le droit de le toucher et que ses parties intimes

    n’appartiennent qu’à lui — il ne doit donc pas non plus toucher celles de ses amis/amies.

    L’utilisation de mots simples et d’explications concises (sans exemple ­graphique)

    permettra à l’enfant de se positionner et d’établir ses ­limites.

     

     Soulever une discussion. ­Discutez en groupe (en réunissant la fratrie par exemple)

    ou ­utilisez un livre comme point de départ d’une conversation à ce ­sujet

    (par exemple Lili a été suivie de Dominique De Saint-Mars et Serge Bloch, aux éditions ­Calligram).

    Sachez reconnaître les ­comportements alarmants. ­Insomnies soudaines, changements importants

    dans le comportement de l’enfant, violence, agressivité, tentatives d’attouchements

    auprès de ses frères et sœurs, sautes d’humeur, tristesse, déprime, anxiété, isolement...

    Bref, tout ce qui vous apparaît comme inhabituel ou anormal chez votre enfant.

    Il faut ensuite réagir en allant immédiatement chercher de l’aide.

    Lui indiquer à quels adultes il peut faire confiance.

    Il arrive malheureusement que des gens qui normalement

    devraient faire partie du cercle de confiance soient ceux qui causent du tort à l’enfant.

    C’est là que la vigilance prime. Apprenez à vos enfants à repérer les comportements ­douteux

    – demandes de silence, propositions inattendues de la part de l’adulte,

    mais rassurez-les en leur disant que vous ne vous ­fâcherez pas s’il vous révèle ce ­secret.

    Faites une liste de gens en qui VOUS avez confiance et ­transmettez-la

    à votre enfant afin qu’il puisse s’y référer au besoin.

     

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     OBLIGATION DE SIGNALEMENT

     

    La protection des enfants est une responsabilité collective.

    En vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, toute personne a l’obligation de faire un signalement

    au Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) si elle a un motif raisonnable

    de croire qu’un enfant de moins de 18 ans est victime de sévices sexuels

    ou qu’il y a un risque ­sérieux qu’il en soit victime.

     

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    Pour signaler ou s’informer:

     

    agressionssexuelles.gouv.qc.ca

    cybertip.ca/app/fr/repor

    espacesansviolence.org

     

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